15/04/2008

le bon Berlusconi...

Les Italiens ont décidé de donner à nouveau sa chance à l'inoxydable milliardaire de droite Silvio Berlusconi pour sortir le pays du marasme, mais le "Cavaliere" devra gouverner sous la pression du parti extrémiste et anti-immigrés de la Ligue du nord qui a doublé son score. Avec plus de 8% des voix, la Ligue comptera 60 députés et 25 sénateurs qui seront indispensables à M. Berlusconi pour avoir la majorité au Parlement.

Appelé pour la troisième fois depuis 1994 à former le gouvernement, M. Berlusconi a savouré une revanche incontestée après sa défaite de 2006 face au chef du centre-gauche Romano Prodi. Après le scrutin législatif de dimanche et lundi, il a assuré vouloir désormais "passer à l'Histoire comme l'homme d'Etat qui a changé l'Italie". Il a reconnu que "des temps difficiles" attendaient le pays et promis de "ne jamais aller se coucher sans avoir fait quelque chose de positif pour les Italiens".

Parmi ses priorités, il a cité la crise des ordures de Naples et la situation de la compagnie aérienne Alitalia. "Nous ferons approuver comme promis les aides aux familles, aux retraités aux jeunes et aux entreprises" a-t-il déclaré, confirmant une relance des grands chantiers nationaux, une modernisation de la fonction publique, une réforme de la justice, de l'enseignement et du système de santé publique.

Selon ses premières déclarations, le gouvernement qu'il présentera dans quelques jours mais qui ne sera investi qu'après la première session du nouveau parlement début mai, comptera 12 ministres dont "au moins quatre femmes". Ce nouveau gouvernement aura pour poids lourds plusieurs fidèles dont Mario Tremonti à l'Economie et Franco Frattini aux Affaires étrangères. Il comptera au moins deux ministres de la Ligue du nord.

La Ligue du nord veut faire passer un première réforme de poids : le fédéralisme fiscal ...

Cet encombrant allié populiste a obtenu un triomphe (plus de 3 millions de voix à la Chambre) dans la partie la plus industrialisée et la plus riche de la Péninsule. "Tout peut changer maintenant. Nous avons à présent la force nécessaire pour faire passer les idées du nord, nous sommes plus forts que jamais", a estimé mardi dans la Stampa Umberto Bossi, le chef de la Ligue. "Notre première initiative sera le fédéralisme fiscal. Il est impensable que tout l'argent (du nord) atterrisse toujours à Rome", a-t-il précisé.

Umberto Bossi s'est défendu cependant de vouloir utiliser son succès pour bloquer les institutions. "Berlusconi est un ami (...) il ne sera jamais otage (de la Ligue du nord), c'est un mot que nous ne connaissons pas", a-t-il affirmé sur la Rai Uno à l'issue du scrutin. "Nous avons un programme commun avec Silvio Berlusconi et nous avancerons ensemble avec ce programme. Nous avons la volonté de changer le pays, de l'améliorer", a encore déclaré M. Bossi.

La victoire de la droite n'a pas donné lieu à des manifestations de joie comme cela avait été le cas pour celle de la gauche en 2006. Chez les éditorialistes et les commentateurs, c'est la surprise qui dominait mardi devant l'ampleur de la victoire du "Berlusconisme" et l'intensité du séisme qui a secoué le Parlement.

Il n'y aura plus que 4 à 5 groupes parlementaires dans chacune des assemblées - contre près d'une vingtaine auparavant - et, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, plus un seul représentant communiste, un parti qui a marqué l'histoire politique de l'après-guerre.

22:51 Écrit par Saverio Ciavarella dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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